CONTE D'AUTOMNE QUI N'A PAS ENCORE DE TITRE

Chapitre 1.

Ouane seuponneu tailleme, dans un pays lointain, vivaient des gens. Jusque là rien de bien extraordinaire me direz-vous, du moins rien qui ne justifie une attention soutenue de votre part. Ouais. Mais quand même, vous feriez mieux d'être bien attentif depuis le début parce que on va pas s'arrêter tout le temps pour expliquer.

Donc ces gens étaient là et ils vaquaient à leurs activités diverses et variées ou pas tellement. En tous cas, ils étaient tous beaux. Vraiment tous ? Nan. En fait, il y en avait des " trocanon waouh la vache ! " et des " hum pas vilain " et aussi des " ha ha mignon(ne) ". Mais il y avait parmi eux une personne pas belle, pas hideuse non plus hein, nan, juste franchement pas terrible, avec un peu de reste d'acné sur le front qu'elle tentait en vain de dissimuler derrière une épaisse frange frisouillante, avec un peu de reste de gras sur ses hanches (ne fais pas ses yeux furibonds !) et avec des goûts de chiotte en matière de fringue ce qui est absolument normal paske quand vous êtes mal dans votre peau vous pouvez pas être doué pour vous mettre en valeur. Logique, piske si vous vous mettez en valeur, ça va la montrer votre peau dans laquelle vous êtes mal ! Cqfd (Ce que formulerait Delarue).

En règle générale, dans les histoires, les moches sont sympas. Ben là non. Patricia Mulloche (c'était son nom, ouais… pas gâtée sur ce plan là non plus) avait un caractère assez (et là faudrait pour bien faire que vous visualisiez le geste ''ouverture de guillemets'' que je fais quand je raconte et même que je le fais souvent et du coup Chéri quand il m'imite il fait ça et tout le monde se marre… ouais… ma vie est un enfer, les êtres chers sont plus ce qu'ils étaient tout ça, mais c'est pas le sujet) donc Patricia avait un caractère qu'on pourrait qualifier de " particulier ".

Sans être absolument infecte, elle n'inspirait pas pour autant la sympathie (et sûrement pas au 1er regard puisqu'on a dit qu'elle était moche ! Faisez pas les faux Q genre " moi je suis toujours souriant(e) et sympa avec les moches qui font la gueule, je vais direct vers eux pour les accueillir etc. " personne croira ça! ).

Sa bouche toute mince se tordait un peu et ses lèvres étaient presque grises tellement elle les pinçait. Ses yeux, par dessous la grosse frange, balayaient la pièce et détaillaient des pieds à la tête les personnes présentes comme de petites lampes torches d'agents du FBI dans une série télé. Quand quelqu'un de particulièrement courageux (ou alors complètement désespéré, ça se peut hein) se décidait à lui faire la conversation, Patricia la ponctuait de " han-han-han-hum-hum " débités comme une mitraillette, ce qui finissait par faire fuir le plus débonnaire.

Patricia travaillait depuis 4 ans à la Johnson & Anderson & Kikison Cie (ou JAK Cie) comme compteuse. Pas conteuse, ni comptable hein. Nan compteuse, c'est à dire que son travail consistait à compter des trucs dans la compagnie selon les besoins. Par exemple, elle pouvait compter le nombre de petites touillettes en plastique utilisées à la machine à café, ou bien compter le nombre de minutes que les secrétaires du 3e étage passaient aux toilettes, ou encore elle pouvait compter combien de post-it étaient utilisés à des fins personnelles par les salariés. C'est dire si son job était palpitant et s'il lui permettait de se faire plein de nouveaux amis.

à suivre